Si vous en apercevez une, l’autre n’est certainement pas loin.

Lors de sa jeunesse Nadia n’était qu’une roturière en quête de fortune. Pour parvenir à ses fins, elle ne reculait devant rien : de l’arnaque (déguisée en grande dame, elle séduisait de jeunes nobles un peu naïfs, qu’au petit matin, elle délestait prestement de leur or), en passant par le vol, et ne reculant pas non plus devant quelques assassinats, lorsque la récompense était suffisamment importante. Son méfait perpétré, elle quittait la ville où elle venait de sévir, pour reprendre ses affaires dans une autre.

Mais, suite à l’une de ses arnaques, elle se trouva enceinte, ce qui ne lui permit plus de s’adonner à son « commerce ». Pour se procurer des revenus, elle tenta de faire chanter le gentilhomme fautif, mais cette manœuvre eut pour seul résultat de mettre à ses trousses les forces de la Maréchaussée, et elle fut contrainte de quitter promptement le pays. Certaines rumeurs rapportèrent qu’elle était partie très loin à l'est, mais on n’en sait guère plus.

Vingt années s’écoulèrent avant que l’on vit réapparaître, cette femme mature, accompagnée d’une jeune fille, impertinente, menteuse et voleuse, prénommée Anna.

Sont-elles mère et fille, ou simplement maître et disciple ? Difficile à dire. Et inutile de leur poser la question : à chaque fois, la réponse diffère selon leur humeur du moment. Mais quelque soit le lien qui les unit, il semble indéfectible. Bien qu’elles soient sans cesse en train de se quereller et de se bagarrer, ne tentez pas de vous en prendre à l’une d’elles, car aussitôt elles feront front, et c’est à deux furies que vous aurez à faire.

En Asie, elles furent initiées aux arts martiaux, mais une fois rentrées en Royaume de France, elles voulurent apprendre l’art de la brette. En effet, comme le dit Mr Gé à propos d'elles, quand on lui demande, si fueris Romae, Romano vivito more; si fueris alibi, vivito sicut ibi, ou plus communément "Si tu es à Rome, vis comme les Romains; si tu es ailleurs, vis comme on y vit".

Elles repérèrent l’auberge dans laquelle venait souvent se saouler un groupe de Bretteurs et s’y rendirent un soir, pour leur demander de leur enseigner leur art. Mais ne pouvant résister, Anna tenta de subtiliser la bourse pleine d’or qu’un jeune nobliau avait posée sur la table. Le dénommé Tan tenta de l’arrêter, mais avec une rapidité déconcertante, le pied de la jeune fille atteignit une partie délicate de l’anatomie de la Brute. Un lourd silence plomba alors l’atmosphère de l’auberge… puis un éclat de rire tonitruant retentit : « Tu me plais bien toi ! »

C’est ainsi qu’elles firent la connaissance des Bretteurs qui acceptèrent de les initier à l’art de la Rapière (après avoir rendu la bourse).